L´interprétation de L´être individuel

L´interprétation de L´être individuel

Il est vrai que les bons petits plats me plaisent énormément.

Il est également vrai que déboucher une bouteille de vin et le rituel que cela implique, me séduit. Parfois. Pas toujours.

Mais…

Il nous faudrait, tout d´abord, définir ce qui constitue un « bon petit plat ».

Est-ce que c´est parce qu´un repas est qualifié d´une étoile Michelin qu´il devrait me paraître extraordinaire ?

Pourquoi un vin me plairait-il ? Parce qu´il aura été, précédemment, approuvé par un sommelier?

Que celui qui ne serait pas d´accord prenne garde !?

Je crois qu´il est nécessaire de définir la personnalité et être honnête dans chacun des aspects de la vie.

Cela fait partie d´être en vie et de se définir en tant que personne.

Que ce soit clair, je n´ai rien contre les experts.

Bien évidemment, il existe des déterminants qui font la différence entre les diverses qualités, propriétés, manufactures et autres attributs d´un produit.

Mais il nous faut aussi donner une valeur subjective ; en d´autres termes, deux individus n´auront pas la même opinion sur la même paella.

L´un estimera qu´elle manque de crevettes.

L´autre sera de l´avis que les poulpes ne sont pas suffisamment cuits.

Un troisième dira qu´il n´y a pas meilleure paella que celle qu´il vient de manger ; tout était à point.

Il n´y a jamais deux réalités symétriques. Chacun privilégie sa propre expérience.

Dans le film « Matrix », il y a une phrase qui met l´accent sur ce point :

« Comment sais-tu vraiment que le thon a goût de thon, et si pour quelqu´un d´autre le thon a le goût d´autre chose ? »

Il n´y a qu´une seule planète Terre. Cependant, il y a des millions de mondes contenus dans celle-ci. Chacun d´entre eux, créé par chacun des individus qui vivent sur cette planète.

Ce qui nous amène à notre sujet principal.

J´ai lu un article qui parlait de la perception qu´ont les enfants, comparée à celle qu´ont les adultes, concernant l´art graphique.

Chacun des deux groupes perçoit et apprécie de manière différente un même tableau et dirige la vue sur différents tracés. Par exemple, les enfants regardent et ont recours aux stimuli visuels. En revanche, les adultes mettent en avant leurs croyances et leurs connaissances, acquises au préalable.

12 enfants et 12 adultes ont participé à cette étude alors qu´ils observaient des tableaux du musée Van Gogh.

L´expérience a été faite avec des peintures que les participants n´avaient jamais vu auparavant. Dans une première étude, on leur a montré des tableaux qu´ils ne connaissaient pas et le mouvement de leurs yeux a été analysé. Dans une deuxième étude, on leur a montré des tableaux qu´ils ne connaissaient pas non plus, mais desquels ils recevaient une description avant qu´ils ne puissent les observer. Puis les mouvements de leurs yeux ont également été étudiés et comparés à la première étude.

Ce qui m´a paru intéressant c´est qu´ils ont découvert que les adultes ont fixé leurs yeux sur 63 points pendant les 30 secondes qu´ils avaient pour observer le tableau. Dans les mêmes temps, les enfants ont fixé leurs yeux sur 53 points.

Mais, ceci mis à part, se seraient-ils tous centrés sur les mêmes détails ?

C´est là que se fait le lien avec mon introduction à cet article sur les bons petits plats et le vin.

Quand les enfants n´avaient pas écouté de description avant de voir le tableau, ils se fixaient tout d´abord sur les éléments les plus évidents. Ce qui implique une prévalence du traitement cérébral du bas vers le haut où les stimuli visuels s´imposent à la conscience et au cortex cérébral.

En revanche, après avoir écouté la description de la toile avant de la voir, leur attention s´est fixée sur les aspects les moins frappants. Ce qui suggère que leur savoir change leur façon de voir les tableaux, faisant prédominer un traitement cérébral du haut vers le bas.

Une idée a été mise dans leur tête, et avec cette information leur perception est alors modifiée.

Ce qui est curieux, c´est que dans les mêmes circonstances, les adultes ont centré leur attention sur la même chose ; les éléments les moins évidents.

Ce qui établit que, à tout moment, le traitement cérébral de la vision chez l´adulte a lieu du haut vers le bas : le cortex et la conscience l´emporte sur les simples stimuli visuels.

Cette étude nous transmet l´idée que l´on peut utiliser ces recherches dans le mouvement des yeux dans les musées afin de mieux comprendre comment chaque individu perçoit l´art.

Bien sûr, ce genre d´expériences devraient être appliqué dans d´autres domaines.

Peut-être, un jour, pourrons-nous savoir si le thon a le même goût pour tout le monde.

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