Mon compatriote Gaudí

Mon compatriote Gaudí.

La grande Barcelone! Belle et prospère. Ville dédiée à la créativité humaine. Emblématique et source d´inspiration. Une bonne partie de tout cela existe grâce au génie de Gaudí.

Faisons un exercice. Je vous propose cette expérience juste pour que nous nous rendions compte des dimensions du génie de ce grand architecte.

Imaginons que nous entrons dans une pièce. Elle est vaste. Elle donne la sensation d´être un laboratoire d´étranges sculptures. Il y en a une, au milieu, qui se détache des autres, et qui attire tout particulièrement notre attention.

C´est un modèle sans précédent qui donne la sensation d´être un squelette organique, structurel à la base et qui nous renvoie à une construction urbaine dû à la porte que l´on distingue. Le reste de la sculpture se compose de cordes desquelles pendent de petits sacs avec un poids déterminé qu´il appela « funicules » et qui sont utilisés en guise de contrepoids. Ainsi, chaque corde crée une ligne courbe et exprime l´harmonie. Nous pouvons apprécier la création d´un ensemble visuel exquis, avec des ancrages éparpillés, zigzagant capricieusement. Par ici et par là il y a des miroirs qu´il utilise pour concevoir, pour créer. Et ainsi cet ensemble se transforme en expression artistique plutôt qu´en maquette d´architecture. (Voir la Maquette Funiculaire de Gaudí). Et voilà Antoni Gaudí i Cornet, ou tout simplement Gaudí.

Silence ! Génie à l´œuvre !

Ici, il construit des visions, des concepts, des créations sortis d´un esprit différent. Nous savons que dans cet atelier les arêtes sévères et les lignes droites sont interdites puisque inexistantes dans la nature.

La journée s´achève, Gaudí, avec sa physionomie insouciante de la mode de l´époque, ramasse ses affaires et ferme son atelier qui curieusement se trouve à l´emplacement où se dresse aujourd´hui la Sagrada Familia. Mais en ce temps-là son atelier occupe un terrain vague ; terrain qui deviendra le cœur de Barcelone. Il se dirige chez lui, une maison qu´il loue, une maison géométrique, tracée avec la technique qui lui provoque tant de « bruit mental ». Une fois endormi, son esprit l´emmène vivre dans une maison qui lui est propre, construite par lui. Il peut y voir ses dimensions, les toucher, jouir de ses rythmes et de ses dynamiques. Gaudí rêve car la réalité est étrange et son rêve ne se produira jamais.

Architecte innovateur et visionnaire, il a conçu des chefs-d’œuvre uniques en leur genre. Gaudi appartient au type de personne qui change le monde et ses stéréotypes par le simple fait de bouger l´axe de ce qui est établi.

Il savait qu´il ne verrait jamais la Sagrada Familia achevée. Il avait calculé que sa construction, puisque ambitieuse, prendrait plus de cent ans. Cependant, elle occupait son esprit et il lui consacra plusieurs détails personnels. Pour donner un exemple: sur la façade appelée “La Passion” se trouve un carré magique de quatre cases sur quatre. Il y a un numéro dans chacune des cases et la somme de ces numéros faite dans n´importe quelle direction donne comme résultat 33, l´âge du Christ lors de sa mort. Un autre élément peu connu est qu´il existe, depuis plus de quinze ans, une procédure de béatification concernant Gaudí. Quelques miracles lui sont attribués sans compter qu´il est reconnu comme étant un pieux fervent.

Il est l´heure pour moi d´aller rêver à mon tour. Mais depuis que je connais l´œuvre de Gaudí, je m´identifie à et suis inspiré par lui. Ma manière de penser réside également à sortir des paradigmes établis et de créer de nouveaux modèles et des schémas différents.

C´est pourquoi, Gaudi et moi parlons le même langage.